Ameerrante
Inscrit le: 05 Aoû 2007 Messages: 20 |
Le 06 Aoû 10:26
A nouveau je me retrouve sur cette falaise, à contempler le lointain horizon...
Mais je me méprends, en signe de résignation, à baisser mes yeux vers cette mer qui vient lécher, aux pieds du rebord, la pierre dans un bruit de plainte que les tourments de bien des âmes implorantes n'auraient su égaler, créant ainsi cette harmonie lancinante dans un vas et viens éternel prêt à jamais me bercer. Mille chants d'oiseaux n'auraient pu porter le doute que ma seule voix ne peut expliquer. J'ai tant ouvert de plaies sur mes cicatrices ; seuls témoins que ce n'était pas forcément mieux avant ; pour savoir pourquoi j'avais mal.
Ce fil que je tiens dans ma main à beau m'avoir frotter, mais aucun son nu pu emplir l'atmosphère tels la sonate du violon ; à croire que rien de bon ne peu sortir de mon corps creux. Les pleurs du violoniste viennent creuser le bois de son instrument, mais mes larmes n'ont rendu que mon enveloppe plus dure à trancher. Tant de lames comme ma volonté, se sont émoussé devant ce pic ; cette croisé des chemins vers un futur qui ne pourra me rendre plus fort, à traîner mon fardeaux de souffrances que les jours savent tant rendre plus pesant.
C'est maintenant que je me demande comment un être comme le divin envoyé, aurait pût portés les maux du monde alors que moi j'ai saigné mes épaules à toujours me supporter.
J'ai battu le pavé et la montagne, durant le jour et l'année, mais chaque chemin me ramène devant ce paysage de La décision. Que j'ai tant voulu fuir. Le teint blême, les cheveux en bataille, les yeux ancrés profondément dans leurs orbites, que les nuits interminables et les volutes de fumée n'ont voulu épargner ; l'échine courbée et le cœur fatigué, toutes mes fuites vaines n'ont su que promener, balancer et ballotter ce fardeau que je me borne à porter.
Les nœuds qui m'enchaînent à moi-même, sont si profond qu'aucune sympathie ne saurait dénouer. Les trancher ? Oui en effet... Mais l'habitude et le temps aidant, ma croix si lourde est entrée dans ma chair et ne fais plus q'un avec mon corps...Qui dans mon cas aurait le courage de se découper ? S'ôter son oppressante liberté...Pour retomber dans des chemins tout tracés, là où l'oubli règne à la droite de la bêtise chassant l'hérétique doué de raison...
Voilà donc les seuls choix...
Choisir la servitude à la simple compagnie, refuser les maitres pour s'agenouiller devant les dieux ? Devant ce choix incertains, je sens ma cravate encore un peu plus se resserrer ; elle voudrait me faire croire que le salut ce trouve dans la pesé de mon âme ; est ce que ma vie peut supporter mon poids ?
La corde veut bien elle aussi m'éprouver...
Les anciens me disent de voir plus loin, de voir si l'herbe ne serait-elle pas plus vertes ailleurs, et parasité le temps et l'espace à toujours m'essouffler pour poursuivre des illusions sans cesse devant ce renouveler ; vivre dans le rêve et l'imagination, mais cette époque n'était elle pas avant ? C'est un temps qu'avec le recul me parait si loin ... Mais en quoi diffère le vieux sage qui emprunte à l'enfance sa raison, du fameux jeune con qui lui fait le deuil de ses illusions ? Le poids des années ne permettrais donc à l'homme de s'assagir au-delà de l'âme qui cours vers sa carotte et qui oubli le fouet au point de se fondre avec lui. Le réconfort habituel du bâton ne saurait-il pas être préférable à la désillusion qui prend s'en crier gare ?
Les yeux toujours tournés vers l'horizon, éprouvé par mes divagations, je me laisse emporter par la symphonie du vent accompagné du silence que l'on peut attendre à ce moment.
Les rayons du soleil percent la brume d'incertitude pour proposer une solution.
Pendant ce temps, la mer et sa houle m'adresse elle aussi son appel. A croire que la nature se bat pour ma vie, pour ma mort, moi qui pourtant ne représente rien...
Suivre le chemin d'Icare et risquer d'un jours brûler de ces incandescentes attentes, ou suivre Dante pensant trouver les réels solutions et les payer de l'étreinte sans cesse de la tombe...
Plus le soleil se lève et plus les roches effilées que la mer m'a préparées se font brillantes.
Nul choix étant une solution universelle ; que ma décision se face par le plaisir.
Enfin j'entends une réelle mélodie, le flux de l'océan vient s'unir aux battements de mon cœur et le soleil m'illumine pour me purifier. Tels est considéré l'insensé qui se joue de sa vie, de sa mort ; levant les deux majeurs à ses deux opposé que je me veux unir, je choisi la troisième alternative, le hasard, le divin s'il en est un...Non, je choisi par delà, je choisi mon envie. Je ferme les yeux et m'abandonne à cette hymne à la fin, la mélodie qui vient accompagner mes derniers pas.
Fermant les yeux, la valse ultime pouvait commencer. Mon corps ne répond plus, il se laisse porter par les oscillations de la marée, le chant des derniers oiseaux et le sifflement du vent me transporte, cette mélopée émanant de cet orchestre invisible mais qui pourtant à toujours été présent. Je pars avec les oscillations des temps mort, de la musique qui fait battre mon cœur toujours plus vite, mon corps devenant de plus en plus léger au fur et à mesure que ce chant arrive à son final. Les larmes me coulent, la chanson s'arrête, j'ai danser tout un jour et une nuit, il est temps de voir ce que ma vie a choisi, je suis las de se combat entre la vie et la mort, enfin je suis seul sur ce rebord, enfin seul avec le vide.
Je me laisse tomber, est ce qu'un sol me rattrapera dans ma chute ? |