(Précedemment : Kyle - 1er Acte)
Kyle - 2ème Acte
Kyle est le titre d'une série noire, à travers le parcours de ce personnage vous découvrirez une histoire purement imaginaire, qui vous entrainera dans les bas fonds du monde gay, ou tous les coups sont permis, et les états d'âmes bannis...
Une occassion de réfléchir ou de se manifester pour ceux qui en auront envie...
La musique est déjà trop forte, elle m'insupporte, me frappe sur les coins des tempes. Je suis dans un de ces mauvais jours, ou devrais-je dire dans une de ces mauvaises soirées, ou mes idées noires et mes désirs sulfureux font de moi un cocktail si acide, que je voudrais le voir brûler sur toutes vos lèvres avides.
Dos au bar, j'essuis les nombreux verres qui jonchent le comptoir. Ce soir c'est l'effervescence, il y a du monde, trop. Le boss lui à le sourire aux lèvres et contrairement à d'habitude est d'humeur joyeuse et fétarde. Son envie malsaine de me carresser les fesses au moindre croisement derrière la caisse du bar ne fait que se répéter de plus en plus frénetiquement au fil de la soirée. J'ai cette envie subite dès que je sens ses mains se poser sur moi, de lui enfoncer le tiroir caisse dans le crane, et d'eponger son sang avec ses putains de liasses de billets. On sonne la cloche au dessus du comptoir ! C'est encore un pourboire pour nous, décidemment ce soir on dirait que l'argent déferle dans notre coupelle comme les clients qui se bousculent à l'entrée. Il faut dire que la direction à mis le paquet pour une fois, quatre barmans derrière le comptoir qui n'ont pas peur de jouer de leurs atouts pour se mettre le plus en avant. C'est la surrenchère entre nous, c'est à celui qui sera le plus ambigu avec le client... Les consos offertes s'accumulent, et il faut suivre la cadence, en faisant honneur à celui qui vous l'a offerte, la buvant d'un trait, lèvres humides et regard perçant... Jouer la pute m'a toujours plu...
Les consos que j'enfile une a une, réchauffe peu à peu l'air qui m'entoure, j'ai envie que l'on me caresse, que l'on me regarde.
Prétexant la chaleur, j'ai levé le petit débardeur que je portais, et je me comporte en vilain garçon au regard équivoque. Je croise mon regard dans une vitre, je le sens brulant de désir, je sais que c'est ce qui fait mon piège. Balayée l'idée de l'homme idéal, je ne veux que satisfaction sexuelle, immédiate et sans retenue.
Vos regards insistants qui se posent sur mon torse me mettent en ébulition, ils me transpercent et descendent en flèche sur le jean taille basse que je porte, laissant entrevoir les formes du graal que vous êtes tous venus chercher ce soir... pas de sous vetements... une provocation de plus qui vous agresse, vous incite.
Je continu de siroter vos consos si gracieusement offertes, trempe ma langue chaude dans la deuxième, avale la troisième... Je prends bien soin d'occuper tout l'espace du comptoir, me penchant du mieux que je peux pour attrapper des verres. Je suis preprogrammé pour plaire. Je suis la tendance ravageuse de la mode, je suis ce que vous voulez voir mais je ne suis pas celui que vous esperez. Commence parfois vos paroles a demi feutrées pour engager un dialogue, mais je n'en ai rien a faire, la seule chose qui m'inporte est de savoir celle que je prendrais comme la dernière des chiennes derrière la porte des toillettes.
Mon patron m'entraine dans la remise avec un autre serveur. Je ne comprends pas de suite ce qu'il veux nous montrer d'aussi important.
Il a l'air tout excité, comme un gosse qui vient de découvrir ses cadeaux au pied du sapin de noël. Il sort de sa poche un petit tube et un billet. Il trace fébrilement une ligne blanche puis une autre juste à coté sur une caisse de bouteilles, le geste est précis et adroit.
"Aller mes chéries, vous l'avez bien merité ! Vous êtes mes deux salopes préférées !" A ces mots là, l'image du tiroir caisse revient dans ma tête agrémentée de mes pieds qui finissent de lui éclater les derniers morceaux de crane contre le sol. Le serveur s'avance sans discuter, doucement comme s'il s'approchait d'une mine qui allait exploser, et à quattres pattes s'exécute. Mon tour va venir, ma première fois, celle que j'ai tant de fois voulue, pour aller au bout de la défonce... Je croise le regard du barman, qui repart au comptoir les yeux transparents. Le patron se tient près de la caisse et me fait signe de m'approcher. Je me penche en avant doucement, et admire un instant cette poudre cristaline, magique et interdite.
C'est maintenant, narine ouverte que je me lance sur la ligne, d'un coup sec et affirmé. Déja je sens la brulûre qui remonte le long de ma cloison nasale, un léger vertige, j'ai l'impression que je vais suffoquer et crever sur place. Je sens qu'il se place derrière moi son sexe dur, je mets un temps de réaction avant de comprendre que sa main se perds dans mon pantalon et m'agrippe, tandis que petit a petit je perds pied... il va m'avoir, le jean tombe au sol. Je le sens transpirant et dégoulinant contre mes cuisses. Son odeur acre, et son parfum chargé me donne soudain un électro-choc, et je me redresse completement ivre, le repoussant vivement.
Son regard se teinte de frustration, et je prétexte que le service ne peux pas se passer de moi. Il me laisse partir sans mots dire.
Quand je reviens à la pseudo réalité, franchissant la porte du bar, la lumière de néons m'agresse et la musique m'assourdit complètement. J'ai l'impression que les moindres mouvements de foule et bruit de verres qui tombent au sol s'amplifient dans ma tête. Je me complais dans vos regards, ils renvoient mon image dans tous les murs de la boite. Votre spectacle me plait, je vais vous faire patienter toute la soirée. Les lumières se tamisent, le son de la musique s'accentue dans les veines de votre corps, les pulsations electro rythment dès à present les battements de votre coeur qui s'emballe. Il faut que j'aille aux toilettes. Je croise ce garçon, beau et élegant qui sort à ce moment là. Je lui rentre dedans et plante mes yeux dans les siens. Il a l'air si doux, et calmement m'aide à me redresser, sans un sourire il repart. Derrière la porte des toillettes, j'ai la tête qui tourne, comme à mon habitude j'ai trop bu, mais la poudre magique s'accentuant, finie par me faire oublier ou je me trouve, si j'ai mal, ou si je suis au bord du point de non retour.
Je rejoins le bar, je les regarde agacé, ils se croient tous plus beaux les uns que les autres, crêtes sur la tête, piercing sur la langue ou à l'arcade, jean au bas des fesses, ceintures de travers, c'est à celui qui rira le plus fort pour se faire remarquer. Vous êtes tous assis à votre table à regarder si une autre personne fait attention a vous. Vous êtes pitoyables derrière vos lunettes en forme de masque Gabbana. Je me demande si baiser une femme ne serait finalement pas plus facile.
La soif se lit sur vos bouches en attente, et tandis que la soirée touche sur sa fin, certains finiront à demi mort allongé sur les banquettes, ne se rendant même pas compte que d'autres baisent juste à coté. Quand à moi, c'est ma petite pause, l'occassion d'aller rapidement faire un tour de piste pour me vider les couilles avant qu'il ne reste plus que de la viande avariée. Je l'ai revu, assis sur une banquette et me regardant, l'homme au regard doux, au costume impeccable. Il ne semble pas réagir aux signaux que je tente de lui envoyer. J'ai une envie folle que ce soit lui. Lui ce soir. Mais le temps me manque, et à defaut je choisi un jeune garçon frêle, qui a l'air d'avoir peu d'expérience.
Effectivement, déboité contre la porte des toillettes et sous la pressions de mes bras, sa tête cognant au rythme des mes accoups violents, il a encaissé en gémissant jusqu'a ce que soulagé, je le laisse pleurant accoudé au rebord des toillettes. Pauvre effarouché. Tu te rappelleras encore de moi demain quand tu auras du mal...
La boite de nuit finit enfin par fermer ses portes, les derniers inconditionnels restent près du comptoir dans l'espoir d'une dernière chance. Vos agissements m'insupporte, j'ai envie tout d'un coup de disparaitre. Vous vous voulez tous différents et uniques, mais quand on vous regarde on ne sait plus qui est qui. Votre personalité est restée au vestiaire.
Je fais pourtant partis de votre grande famille, celle des tatas, je ne vaux pas mieux que vous. Je suis à cet instant detesté par votre égo, car je reflète la partie la plus noire qui est au fond de vous, que vous ne voulez pas voir... je suis comme vous... cette nouvelle génération gay, cette génération pourrie.
à suivre...