(Précedemment : Kyle - 1er Acte, Kyle - 2ème Acte)
Kyle - 3ème Acte
Kyle est le titre d'une série noire, à travers le parcours de ce personnage vous découvrirez une histoire purement imaginaire, qui vous entrainera dans les bas fonds du monde gay, ou tous les coups sont permis, et les états d'âmes bannis...
Une occassion de réfléchir ou de se manifester pour ceux qui en auront envie...
Mes réveils sont de plus en plus difficiles en ce moment. Yeux cernés de noir, bouche pateuse. J'ai de plus en plus de mal à récupérer. C'est la période des vacances scolaire, plus de cours, mais je bosse quasiment tous les soirs dans la boite habituelle de Marseille. Entre deux verres ramassés sur les comptoirs et deux ou trois mecs encombrants je n'ai pas une minute à moi...
Le peu de temps que j'ai à réfléchir est celui ou je pense à la première ligne blanche que j'ai tiré quelques semaines auparavant. Je n'y ai plus touché depuis, et les soirées me paraissent bien fades. Je n'ai plus envie de grand chose si ce n'est de recommencer. Mais ce soir, j'ai besoin d'aller plus loin. De sentir cette peau morte qui me colle aux os se détacher de moi. Comme à mon habitude je bois les quelques verres offerts, mais il ne me font plus rien. Plus d'effets. Rien de grisant. Je porte un baggy assez large couleur kaki, il tombe sur mon bassin nu laissant entrevoir le bas de mes fesses bronzées; rien de plus. Mon torse brille sous la lumière du stroboscope, aussi saccadée que le souffle qui sort de ma bouche. Je ne semble pas laisser indifférent mon boss une fois de plus. Ce crève la faim, qui ne demande qu'une chose j'en suis sur... terminer le bad trip qu'il s'est tappé la dernière fois à vouloir me défoncer à moitié camé dans la remise. Quand il se met à plaisanter avec moi, je lui demande si ce soir, vu le monde qui innonde la salle nous auront droit à une récompense. Il a compris ce que j'insinuais, mais ne m'a pas répondu, me regardant vicieusement. Son regard si investigateur m'a presque donné envie de me pencher et de le laisser faire, le laisser faire pour avoir juste un instant le plaisir de sentir cette brulure exquise monter le long de ma cloison nasale. Tout à coup, je me sens comme un camé en manque. Déjà ? Une seule fois et me voilà accro ? Mais à quoi ? A de nouvelles sensations délicieuses... destructrices.
Bientôt les clients qui s'agglutinent au bar deviennent des têtes de trop que je voudrais voir vider la salle pour rentrer tôt chez moi. Pas de chance pour moi, je sais bien que je vais en avoir pour toute la nuit, à servir leur bouches avides d'alcool à defaut d'autre chose. Mais j'espère. Je ne sais trop quoi. Alors que l'ambiance chauffe, que le Dj s'aggripe frénetiquement sur ses platines, pour la première fois je ne sens pas l'excitation monter en moi. Un des serveurs avec qui je travaille, miss follasse, vient se coller à moi pour commencer un show improvisé et destiné à une sorte de grande campagne "lachez les pourboires messieurs". Je me prête au jeu du mieux que je peux, me mordant les lèvres de temps en temps quand il me passe sa main sur le torse. Qu'elle comédie ! Grotesque. Je sens tout à coup une main s'enfoncer dans le revers de mon baggy et un doigt venir se perdre entre mes jambes. N'ayant pas le temps de penser à la façon dont je vais réagir, je suis déja en train d'aggriper ce bras et de le retourner violemment contre le comptoir. C'est un pauvre type complétement bourré qui s'est senti poussé des ailes. Ses yeux sont imbibés de sang et son visage frippé par les nombreux hivers de branlette. Je sens une pulsion malsaine grimper dans les veines de mon cou, prête à exploser. Un verre tombe au sol, une bouteille oscille dangeureusement sur le comptoir sous la pression du bras qui essai de se dégager de mon emprise. Elle finit par venir s'éclater à mes pieds me glacant le bas des jambes. Je dessere mes mains autour du bras de mon aggresseur, et celui ci tente à nouveau de recommencer, posant ses mains visqueuses partout. Ma main fend l'air et vient s'abbatre sur son nez, le tout suivi d'un cri, d'un bruit lourd qui s'écrase au sol. Se passe un instant ou un attroupement se forme autour du lard qui viens de tomber par terre sans que je réagisse. Le boss me fusille du regard en me demandant de le suivre : "Tu perds la tête mon garçon ? Si tu as besoin de came, tu te l'achetes et tu nous fais pas chier parce que tu es en manque" J'aurais voulu sentir encore une fois ma main fendre l'air et s'abattre contre sa tronche de mal baisé, mais je me retiens. Perdre mon boulot ce n'etait pas le moment. Comment pouvait il me donner des lecons, alors qu'a coup sûr, il était heureux d'avoir réussi à m'accoutumer, étant moi même inconsciemment à sa merci. Il me demanda de rentrer chez moi pour la soirée et de revenir le lendemain docile. Docile ? Je ne suis décidemment qu'une chienne à ses yeux. Une chienne qu'il aimerait baiser sans relâche, je l'ai encore lu dans ses yeux quand il me parlait.
Quelque peu énervé, avec une terrible angoisse me prenant le ventre à l'idée de rentrer si tôt seul chez moi, je marchais sans but dans les rues mal éclairées de la ville, un petit air chaud me carressais le visage, peu à peu le calme revenait en moi, tandis que mon envie d'assouvir mes pulsions revenait me hanter. Mais voilà je n'étais plus sur mon terrain favoris de chasse, chose qui me frustrait d'une part mais me donnait envie de plus belle d'autre part. Je me dirigea tel un robot vers un sauna qui avait la réputation d'être le plus chaud de la ville. Et même si je ne savais pas ce qui m'y attendait, je n'avais plus qu'un objectif en tête : celui de me fondre au milieu des corps....
Déjà au loin, sous l'enseigne lumineuse et les quelques néons blafards, j'appercois les allées venues d'hommes proche de l'entrée. Quelques frissons parcourent le bas de mes jambes en remontant délicieusement vers l'entre jambe. Mon pas est soudain plus déterminé, plus rapide. Mon regard lui ne se perds plus dans le vide, est plus féroce. Il y a quelques gars accoudé sur les rebords des comptoirs de l'entrée, j'ai déjà envie de rentrer en contact à la vue de quelques fesses si provocatrices... Le caissier à l'entrée me dévisage en écartant doucement les lèvres. Je paye. On me fourni le nécessaire de survie accroché à la clef de mon casier ou je laisserais mes vêtements : deux capotes et du gel. Je passe doucement le rideau noir qui me mène aux vestiaires, je sens la chaleur venir m'étouffer délicieusement, celle du sexe, des cris et du plaisir.
Mon pantalon tombe à terre. Déja... dans le flot d'ombres qui bougent devant moi je l'ai repéré.
à suivre...