Kyle - 4ème Acte (et Fin)



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Yag.


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Le 28 Aoû 11:59

(Précedemment : Kyle - 1er Acte, Kyle - 2ème Acte, Kyle - 3ème Acte)


Kyle - 4ème Acte (et Fin)

Kyle est le titre d'une série noire, à travers le parcours de ce personnage vous découvrirez une histoire purement imaginaire, qui vous entrainera dans les bas fonds du monde gay, ou tous les coups sont permis, et les états d'âmes bannis...
Une occassion de réfléchir ou de se manifester pour ceux qui en auront envie...



Je ne mis pas plus de quelques secondes pour me faufiler vers l'entrée du sauna. Glissant entre les regards des quelques hommes accoudés vulgairement contre les murs sales de la rue. Le passage des voitures, phares agressifs, projettent leur ombres qui se déforment pour disparaitre dans le fond d'une ruelle douteuse, ou entre deux monticules d'ordures, on entend de furtifs gémissements couverts par le ronronnement de la ville. Marseille ne dors jamais, chaque heure de la journée ou de la nuit sont rythmées par le déambulement des gens. Et même si à cette heure de la nuit, le peu de gens sur l'avenue principale laisse à penser que la ville s'endort paisiblement, derrière, dans l'ombre, des corps s'entrechoquent à tous les étages.

A mon arrivée, le pauvre type qui se tient à la caisse se contente de me demander de faire l'appoint. Je jette de la poche de mon jean un tas de pièces et le laisse recompter en le regardant le sourire en coin. Il ne décroche pas un mot, le regard vide, son visage n'exprime aucune expression si ce n'est celle de la frustation. Pauvre depréssive, voir passer autant d'hommes toutes les nuits et ne même pas se prendre un petit coup vite fait derrière son comptoir doivent lui donner envie de se tuer. Crevard. Je récupère mon "kit de survie" laissé gracieusement sur le comptoir : deux capotes, une clef de vestiaire et une serviette. Au vestiaire les regards se perdent déjà au détours d'une porte de casier ou derrière un couloir. L'air épais glisse sur mon visage, il est chargé de transpiration m'invitant à suivre le sinueux chemin qu'il a parcourru pour venir jusqu'à moi. Je laisse tomber mon jean, me libère du caleçon qui comprime mes pulsions et glisse mes fringues en boule dans le casier. Quand je referme celui-ci, non loin de là j'apperçois un homme au regard qui me glaça le dos, son corps musclé luisait dans la pénombre. Il me dévisageait sans retenue. Alors qu'il s'éloignait en empruntant un couloir obscur je me décidais à le suivre. Encore mal habitué à la pénombre qui régnait dans le sauna, j'heurtais un obstacle et tombais tête la première.

Deux gorilles n'avaient pas trouvé mieux que de "se gouiner" en plein milieu du couloir espérant que peut être d'autres participants viendrais jouer les "brouteuses" avec eux. Je me ressaisisais essayant de chercher en vain "regard glacial", je ne distinguais difficilement que quelques ombres. La serviette sur les épaules, complétement nu je continuais d'avancer dans ce couloir sans fin. Au fil de mon parcours, mon regard s'accoutumant à l'obscurité j'appercevais les contours de silouhettes appuyés contre les murs, tendues comme des épées menaçantes. Le grand marché était ouvert. Une envie soudaine ? Il n'y avait plus qu'a se mettre à genoux pour avoir l'embarras du choix. L'atmosphère était pesante, à la limite du glauque, ce qui ne faisait qu'accroître l'excitation qui se tordait au fond de moi. Avancer vers l'inconnu, entre les corps bouillonnants et les souffles courts, tel était le rituel, le parcours afin de trouver le moment opportun. Quelquefois des mains venaient me carresser le bas des fesses... Je laissais faire, pas vraiment convaincu. La chaleur devenait intenable, une torpeur moite qui dégoulinait sur l'ensemble de mon corps, de plus en plus impatient. Je continuais mon chemin, suivant les longs couloirs poisseux, grognant quand un vieux se jettait à genoux devant moi, comme s'il m'implorait de le laisser faire, et arrivait dans une grande pièce, ou une piscine centrale et le bruit d'une cascade d'eau me donna envie de m'arrêter.

L'éclairage bleuté, donnait un aspect électrique à la salle, de beaux garçons attendaient au bord de la piscine que l'on vienne s'occuper d'eux tandis que d'autres étaient déjà dans des orgies géantes, gémissants comme des chiennes, se faisant prendre à la chaine par tout ce qui pouvait passer, ne se rendant même plus compte que certains auraient pu être leurs grands pères. Mais peut être est-ce ce qu'ils étaient venus chercher. La jouissance coûte que coûte, c'est comme si la dignité était un mot inconnu de ses lieux.Je m'allongeais sous la cascade d'eau, et bien vite, les plus audacieux ne tardèrent pas à venir poser leur candidature. Je me sentais alors dans la peau d'un recruteur pervers, examiant le visage et les formes de mes prétendants. J'accordais aux bouches charnues quelques minutes de "contacts" puis les repoussais mes mains posées sur leur tête quand celles ci pensaient remonter jusqu'à ma bouche... ne leur laissant que le choix de travailler sagement. Une main ferme vient se poser sur mon épaule, et se mit à masser mon corps avec tant de virilité que j'en fus troublé. Je n'osais pas me retourner, préferant immaginer la chose. Sa main directive glissait comme une plume jusqu'en bas de mes reins, puis remontait avec insistance le long de ma colonne vertébrale propageant une onde de frissons jusqu'au bas de mes pieds.

Quand je me retournais enfin, le visage anguleux de "regard glacial" se perdait au fond de moi. Sans mot dire, je le suivais, ma main enfermée dans la sienne dans un dédale qui n'en terminait plus. Son souffle s'accélérait au rythme de nos pas aveugles qui foulaient le sol poreux. Sa main me tira fort en avant, me projettant dans une nouvelle pièce. Halletant j'eu à peine le temps d'appercevoir une table de torture, avant qu'il ne vienne se coller dans mon dos, passant ses mains autour de mon torse avec une emprise si bestiale que je n'eut pas d'autre solution que de me laisser soumettre. La force de son torse puissant me fit basculer en avant sur la table ou il bloqua mes deux bras dans des anneaux qu'il ressera sur mes poignets. Impuissant mais totalement excité par cette situation, je demeurais offert, ouvert à lui. J'allais connaitre ce que j'avais fait subir à mes petites follasses lors de mes soirées en boite. Je me trompais. Ses lèvres se posèrent sur la cambrures de mes fesses et doucement je les sentais fremir entre le pincements de ses dents. Un grand frisson remonta cette fois ci jusqu'a ma nuque pendant que ses mordillements devenaient de plus en plus rapprochés, le plaisir et la douleur ne faisant plus qu'un. Son souffle s'accélerait, il poussait de petits grognements sa langue s'enfonçant dans ma pénombre.Ses mains commencèrent à s'abattre de toutes leur force sur la cambrures de mes reins. Une onde de choc, une brulûre foudroyante ondula dans tout mon corps. Je poussais un hurlement de terreur, etouffé immédiatement par la serviette qu'il enroula autour de ma bouche, baillonnant le moindre de mes soupirs. Son souffle rauque me brûla l'oreille, et je sentis qu'il entrait en moi doucement, me tirant les cheveux vers l'arrière. Alors que tant bien que mal j'essayais de reprendre mon souffle entre deux accoups, ses mouvements de reins devinrent de plus en plus rapides, d'une violence extrême. J'étouffais. Mon corps crispé s'écorchait peu à peu sous la pression des mouvements saccadés me plongeant dans une douleur atroce.

Ses grognements devenaient de plus en plus proches , ses mains griffaient mon dos dans toute sa longueur, me piquant comme des aiguilles, ma peau semblait prendre feu sous la contraction de mes muscles impuissants. Le baillon qui emprisonnait ma bouche finit par tomber et prenant une profonde respiration je poussais un ultime cri qui se perdit au fin fond d'un couloir.
Le sabre qui me coupait la respiration se retira rapidement de mon corps, je sentis un coup sourd s'abbatre sur ma tête. Un filet de bave mêlée de sang aspergea le sol. Ma tête semblait vouloir éclater. Ses pas s'éloignèrent martelant le sol jusqu'a ce que le pesant silence me fit comprendre que j'allais mourrir seul.
Les battements de mon coeur se mirent tout d'un coup à résonner lentement au fond de moi, je n'entendais plus qu'eux. Dans un dernier élant de courage je tentais d'appeller à l'aide, ma voix s'ettouffant sous les filets de sang qui innondaient ma gorge...
Je ne vis qu'une énorme masse venir s'abbatre sur mes yeux, tel un drap mortuaire me plongeant dans le silence le plus profond.

...Fin
Mimyyy


Inscrit le: 27 Mai 2007
Messages: 1418
Le 28 Aoû 12:33

Wink
Ladouce88


Inscrit le: 15 Juin 2007
Messages: 221
Le 28 Aoû 15:37

Wink Sans commentaire, simplement beau !
Ritournelle


Inscrit le: 29 Avr 2007
Messages: 205
Le 28 Aoû 21:49

wouaw!!!!!! j'en reste sans voix.... Tu as une facilité d'écriture qui m'impressionne. Je crois que je suis fan!!!!!
J'espère te relire très vite!!!
Bien à toi.
Ritournelle.
Yag.


Inscrit le: 26 Avr 2005
Messages: 238
Le 29 Aoû 13:36

Merci à vous Mimyyy, Ladouce88 et Ritournelle, vous me faites très plaisir
Ritournelle


Inscrit le: 29 Avr 2007
Messages: 205
Le 31 Aoû 23:00

Yag, je pensais à un truc: As-tu essayé de te faire publier dans un journal local? Je te dis ça, car, j'ai fais une demande au journal local, chez moi, et ma petite "saga" de"l'interprétation des rêves "et "j'ai du faire pire" ont été publié chaque mercredi durant les vacances (l'été, y'a toujours besoin de "remplir" le journal Wink ). ça ne m'a pas rapporté grand chose financièrement, mais, voir les messages d'encouragements des lecteurs m'a fait beaucoup rire.....
C'est toujours une bonne expérience!!!

En tout cas, moi, j'ai vraiment apprécié te lire!

Ritournelle.
Getup


Inscrit le: 26 Juil 2007
Messages: 228
Le 16 Avr 23:09

Mouais.

Si tu voulais en faire ce que tu en as fait, j'ai plutôt aimé.
Un récit (une nouvelle), court, personnel, subjectif, intériorisé, incisif.

Sinon, ça se lit bien. Embarassed

Mais bonne continuation! (malgré mon retard!)


Ps:
Mais je voulais juste dire ça! Zut!
Citation:
Sans commentaire, simplement.

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