Un Message dans une bouteille



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Yag.


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Le 27 Sep 22:43

Un Message dans une bouteille,
celle qui vogue dans l’océan de mes Larmes…


Tous les jours se succèdent le soleil et la lune, tout le temps les secondes s’égrènent engendrant les minutes qui elles même font naître les heures. Pourtant il me semble depuis peu que le Temps suspend l’écoulement de son sablier pour me faire savourer l’amertume du fruit que j’ai trouvé au lieu de te trouver aujourd’hui. Un fruit que je regrette de devoir manger au lieu de pouvoir penser qu’un jour on se reverra car je sais que cela n’arrivera pas, hélas. Ce produit de l’arbre de ma vie n’est rien d’autre que la Tristesse que j’éprouve qui à chaque bouchée consume mon cœur du bonheur que tu as su lui insuffler. Une Tristesse qui se coince au travers de ma gorge comme pour me faire sentir les âcres saveurs qu’elle contient, me dévoilant toujours plus des sensations destructrices que mes inlassables espoirs n’arrivent à réprimer. En ce jour où le temps se calme et où la moindre nourriture fait de moi un champ de bataille émotionnel : Je te regrette, te pleures mais ne t’oublies.

J’ai devant moi les trombes d’eaux qui ne cesse de tomber, les cordes chutant sur un sol voilé, les oiseaux volant bas dans le ciel, recherchant un coin où se mettre, patientant jusqu'à la fin du déluge. Les nuages sont noirs, troués, par un soleil agressant, je reste sur le pas de la porte, attendant cet orage qui ne daigne pas venir alors que sur mes joues roulent les gouttes de pluie venues m’aider dans ce moment difficile. Leurs caresses fraîches calment les quelques ardeurs extrêmes que mes pensées font naître au rythme des rafales de vent. Le chant de l’air est une mélodie saccadée qui soulève ma poitrine répandant les frissons apaisants dans le reste de mon corps, endoloris par tant de souffrance. Je tourne la tête vers l’intérieur du bâtiment, il pleut ici aussi, le vent souffle et l’air chante, je jette un regard à l’extérieur et le vois tout embrumé : Dehors il fait nuageux, tandis qu’à l’intérieur je pleure.

Pourquoi tout cela, ces choix, ce destin si c’est pour après vivre dans les souvenirs d’un improbable futur ? J’ai pris des décisions qui m’ont amené jusqu’ici, permis de connaître telle ou telle personne, empêché d’en connaître d’autre, pourtant je ne sais pas pourquoi, je crois avoir fait le bon choix tout en m’étant trompé. Il y a tant de chemin à parcourir, tant de chose à découvrir que parfois je me demande s’il est bien nécessaire de vivre si c’est pour passer à côté d’autant de beauté. Pourtant, il y a quelqu’un qui a abolit ces questions, quelqu’un qui m'a redonné envie de sourire, mais comme tout dans ce monde, cet être est à présent parti bien avant que je puisse lui dévoiler ce que cette personne représentait pour moi. Tous disent qu’il faut dire ce que représente chaque humain à nos yeux avant qu’il ne soit trop tard, mais il y a des choses qu’il n’est pas évident de dire, même si le poids qu’il pèse pourrait disparaître.

Je pourrais dire tant de chose mais n’arrive pas à parler, je pourrais dévoiler mille facettes mais n’en connais aucune pour me présenter face à l’amour, je pourrais tant de chose du moins j’ai pu tant de chose, car à présent je n’ai pas la force ne serait-ce que d’essuyer ces larmes que je souhaite verser mais qui deviennent la trace forgée d’un souvenir inoubliable. Il me suffit d’entendre sa voix une fois, il me suffit de voir ses yeux une seule fois, il me suffit de sentir une bouffée de son parfum pour que mon âme se mette enfin à sourire, pour que ma vie soit ensoleillée et pour que connaissance le plaisir de vivre. Dorénavant, je l’ai quitté du moins je ne pourrai plus entendre sa voix, voir ses yeux ou bien respirer son parfum car le temps s’écoule pour tout le monde et qu’il force les décisions à venir.

Je ne saurai à présent plus quoi faire face au plaisir de la vie, car le seul que j’ai connu n’est plus à ma portée, je l’ai perdu en regardant le temps passer, sans agir, juste à attendre. Je ne saurai plus quoi faire sans penser à cette rencontre faite au détour d’un couloir, dans un hall bondé où deux morceaux de ciel se détachaient sur le fond sombre de la masse. Je ne me rappelle plus bien quand ni comment, mais je n’oublierai ni son visage, ni ses yeux, ni sa voix : Je ne l’oublierai jamais car ses yeux sont comme chaque point d’eau, on peut y voir le ciel sans lever son visage, on peut y voir l’infini liberté sur le sol mort d’une prison.

Le soleil tombe peu à peu sur l’horizon, je ne sais pourquoi, mais lui je ne suis pas triste qu’il s’en aille, je le reverrai demain, alors que toi, je pourrai me lever mille fois que tu ne seras pas là. L’obscurité s’installe lentement sur le monde, autour de moi tout devient sombre, même la Lune en ce jour ne montre pas son visage, je suis seul, sous cette pluie, je marche et ne sais quoi faire, je pense à toi mais ne comprend pas bien ce que cela veut dire. Je m’arrête et m’assois, sur ce sol, je clos mes paupières pour tenter de te voir mais là aussi je ne te vois. J’envoie donc ces mots…

…Que j’ai versés pour Toi.

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