Vieille coutume qui résiste au temps
Malgré l'usure et les tourments
Comme une peine, les vivants
Rendent hommage aux gisants
S'élèvent alors les vieilles prières
En une langue aussi morte qu'eux
Langue qui fut usitée naguère
Pour s'adresser directement aux dieux
À ces dieux qui ont les oreilles sourdes
Tant ils ont emporté de parents
Par des maladies aussi fourbes
Qu'elles ont atteint même les enfants
C'est le temps du souvenir
Le temps des larmes programmées
Passé, présent et avenir
Entre des stèles dressées
Les temps des larmes hypocrites
Le temps des larmes sincères
Le temps des amours qui s'effritent
Comme s'effrittent ces pierres
Devant la stèle blanche, je me revois enfant
Lui, la main levée, psalmodiant l'évangile,
Je me revois géant près de son lit, mourant
Lui, la main lévée, d'un dernier geste futile
La maladie a clos les anciennes offenses
Enterré le corps et l'arme du délit
Mais à chaque fois il faut que j'y pense :
Pourquoi ce jour-là ne lui ai-je pas dit ?
Le temps du souvenir, le temps des cicatrices
Tant d'années passées à subir l'avanie
Pour se promener parmi ces peines factices
Des morts sous des stèles pleurés par des morts en vie.
Les grilles vont se fermer, comme à chaque fois
Sur une mémoire qu'on dépose sur cette tombe
Comme on dépose ce bouquet d'hortensia
Dans ce jardin coupé du reste du monde OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO Hami
Valkiri
Inscrit le: 09 Fév 2007 Messages: 952
Le 05 Nov 1:23
C'est tellement vrai...
Même si pour moi, cette coutume n'a pas lieu d'être...
Il faut laisser les morts se reposer...
Wakemeup
Inscrit le: 16 Juin 2007 Messages: 151
Le 05 Nov 11:06
Allez, enterrons nos vieux rêves,
Et chassons l'ancienne amertume,
Un vent glacé souffle du Nord,
En ce jour, ils fêtent leurs morts.
Dans l'Ancien Temps, on venait ici,
Notre anniversaire est une plaisanterie,
On nait pendant qu'ils pleurent leurs morts,
Et le vent froid souffle toujours du Nord.
Le cimetière s’illumine de couleurs,
Et l'air est saturé de leur douleur,
Silence les enfants en ce lieu sacré,
Aujourd'hui c'est la mort qui est "fêté".
On porte la torche du blâme,
Et nos yeux sont secs de larmes,
En cette glorieuse journée,
Ils pleurent alors qu'un enfant nait.
Novembre, c'est comme si ils t'avaient salit,
Les as-tu jamais entendu dire merci?
Pour cette chance qu'ils ont eu, qu'ils ont pris,
Pendant qu'en aveugle ils gachent leur vie.
J'étais assise à cette table en silence,
J'ai vu comment ils gaspillent leur vie,
Je n'ai pas de respect pour leur violence,
Quand ils disent pardon, c'est déjà finit.
La tristesse a fait place aux remords,
Alors ils s'agenouillent devant la mort,
Je hais ce qu'ils ont fait de ce jour,
Novembre ils t'ont bel et bien salit pour toujours!
Allez, enterrons nos vieux rêves,
Et chassons l'ancienne amertume,
Aujourd'hui je réclame une trève,
Jusqu'à ce que s'efface la brume...
Correction
Inscrit le: 27 Aoû 2007 Messages: 245
Le 28 Nov 3:04
Faute d'orthographe chez Hamilcar01
Citation:
Comme on dépose ce bouquet d'hortensias
bouquet, nom masculin
Assemblage de fleurs ou d'herbes coupées
Difficile d'assembler en bouquet une seule fleur...
Hamilcar01
Inscrit le: 15 Nov 2006 Messages: 2034
Le 28 Nov 15:12
Tiens, je l'avais oublié celui-là
Pardon pour le retard.
@ Valkiri
Les morts reposent, ce sont les vivants qui entretiennent la mémoire de ce qu'ils furent.
@ Wakemeup
Elle s'appelait Laura
D'un jour se présenter tels témoins d'un drame
Alors qu'on l'oublie tout au long de l'année
Pour venir le fleurir et verser quelques larmes
Plus une coutume qu'une douleur respectée
La douleur sincère est discrète et fidèle
Comme Laura qui se cache aux yeux d'autrui
Comme un fantôme elle se glisse parmi les stèles
Dix ans à fleurir la tombe de feu son mari
Elle ne cherche pas la reconnaissance
Elle accomplit avec dévotion un voeu
Tous les jours, elle passe, comme en transe,
Rendre visite à son amoureux.
Chaque jour, elle entretient les vieilles pierres
Soigne le cadre dans lequel il "vit"
Elle montre l'amour à sa manière
Malgré la rumeur et les on-dit.
Dix ans qu'elle meurt en silence
En cultivant un souvenir
Dix ans qu'elle pleure l'absence
De celui qui était son avenir
Aujourd'hui, ils sont tous là,
Est-ce par regret ou par remord,
À l'enterrement de Laura
Qui rejoint son amour dans la mort
Tous des visages graves de circonstance
Tous ces hypocrites qui l'ont tant blâmée
Viennent, aujourd'hui, comme en pénitence
Se faire pardonner leurs fautes passées
J'en ai passé des heures à l'écouter
Parler des projets qu'elle avait fait avec son mari
De l'accident qui avait fait tout basculer
Lorsque un chauffard saoûl, tout a coup, a surgi
Elle me racontait ses petites joies et sa grande peine,
Assis à l'ombre du grand cyprès centenaire,
La grâce d'une princesse, le port d'une reine
Pour tous, une inconnue de plus qu'on enterre.
Adieu, mon amie, je ne te pleurerai pas
Si ce n'est de cette joie de savoir qu'enfin,
Après une vie d'ennuis et tracas,
Avec ton amour tu poursuis ton chemin.
Vae
@ Correction
Merci pour l'ascenseur
Il n'y a pas d'erreur. L'hortensia est un arbuste et il est de coutume de dire, lorsqu'une plante est décorée, que c'est un bouquet même si elle est seule surtout lorsque cette plante s'orne de plusieurs fleurs
Comme on dépose ce bouquet d'hortensia
Doit se lire : Comme on dépose ce bouquet représenté par cet hortensia.
Tu avoueras que c'est moins "joli"
Mais surtout ce poème est dédié à une personne bien particulière et je ne t'en tiendrai pas rigueur de ne pas connaître nos coutumes.
"bouquet" n'a pas la signification que tu supposes.
"bouquet", c'est le parfum du vin qu'on partage, avec le pain, dans un rituel célébrant l'amitié lorsque cette amitié fait suite à une discorde : pour qu'elle soit aussi forte que le vin et aussi nécessaire que le pain. (me rappelle un autre rituel)
"bouquet" c'est aussi une apothéose. Dans ce cas-ci, l'hortensia, qui se trouve être le symbole de la personne à laquelle ce poème est dédié, n'est pas déposé dans le cimetière comme ornement floral mais comme un message ultime lui étant adressé : l'amitié survit à la mort dans la mémoire de celui qui reste.
La suite et les implications que cela entraîne étant personnelles à cette personne, permets que je les taise.
Merci de ton intérêt.
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
Flavie77
Inscrit le: 06 Nov 2006 Messages: 754
Le 28 Nov 15:22
Les souvenirs restent
Mais les êtres disparaissent
Un réel plaisir de te lire Hami
Hamilcar01
Inscrit le: 15 Nov 2006 Messages: 2034
Le 29 Nov 1:49
Merci,
Oui, les êtres sont périssables, c'est ce qui rend la vie si précieuse.