Mille neuf cent quatre-vingt, c’était hier, je me souviens
Tes beaux yeux dans les miens, et ta main dans ma main
Tu voyais un avenir facile, tu voulais une famille,
Un choix pas bien difficile, quelques garçons et des filles
De beaux et grands enfants qui auraient été bien dociles,
Pour, tous les jours, égayer le jardin, de leur joyeux babil
Mille neuf cent quatre-vingt-dix, c’était hier, je me souviens
Des amants de Vérone, du phénix et de sa sirène, il n’en restait plus rien
Deux boulots par jour, pour nourrir ces adorables amours
Ne laissaient guère assez de temps, de jouer aux tendres amants
Tu as choisi, un beau jour, de me remplacer par un troubadour
Tu pris un amant, pour passer ton temps, hors des yeux des enfants
Deux mille, nouveau millénaire, c’était hier, je me souviens
De tes larmes candides, à la séance fétide, de la vente des biens
Après des années de renvois, de remords, tu veux ou tu ne veux pas
Le divorce est à sa fin, ton avocat et le mien, en copains, sur le sofa
Je les vois refiler, à une bande de requins, vingt ans de ma vie
Dans ton coin, tu as l’air maussade mais je sais que tu es ravie
Deux mille six, quelques mois, c’était hier, je me souviens
Tes beaux yeux dans les miens et ta main dans ma main
Deux mille six, quelques mois, et le passé s’est recomposé
Tous les invités, la grande allée, le jour où on s’est marié
Là devant l’autel, tu pleures, mais je ne serais dupe encore
Je t’aimais, je t’aime et t’aimerai, mais je change de décor
Deux mille huit, aujourd’hui, pendant que tu dors, le bilan d’une vie
Deux mille huit, aujourd’hui, le soleil dehors, tu es belle, endormie
Je maudis le sort et, dans un silence de mort, je t’embrasse et je sors
Ce matin, je pars, je te laisse tous les biens, je prendrais tous les torts
Mes valises dehors, sur la pointe des pieds, au moins ça, tu le vaux bien
Quai de gare, nulle part, un train au lointain, où serai-je demain ? OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOo Hami
Valkiri
Inscrit le: 09 Fév 2007 Messages: 878
Le 18 Fév 17:11
Peut-être là ou je ne t'attends plus...
Peut-être là ou je t'ai tant espéré...
Qui sait ?
Un texte magnifique... C'est ainsi que j'aime te lire l'Hami...
Au plaisir,
Unregard
Inscrit le: 14 Jan 2008 Messages: 45
Le 18 Fév 18:00
Que dire, si elle ne te garde pas, c'est qu'elle a une raison.
Je pense la connaitre (la raison)
Le poème: ta poésie a un je ne sais quoi qui ne te ressemble plus.
Qu'as tu fait ces dernières semaines ? un manque d'inspiration certainement.
Un effort Hamilcar.
Hamilcar01
Inscrit le: 15 Nov 2006 Messages: 1850
Le 18 Fév 19:29
Citation:
Peut-être là ou je ne t'attends plus...
Peut-être là ou je t'ai tant espéré...
Qui sait ?
Peut-être juste à côté de Toi ?
Là où seul Ton coeur m'autorise
À exprimer l'émotion dont mon émoi,
Sous Ta douceur, retient l'emprise.
Peut-être au creux de Tes bras ?
Là où Ta chaleur, cette glace, brise
Autour de ce corps souvent si las
Loin de Ta tendresse exquise.
Peut-être au loin, à l'horizon,
Cherchant vainement cette marquise
Aux ordres de laquelle, du coeur,mes dons,
Me la promettaient comme promise
@ Unregard
Ta vue baisse.
Quiconque, lisant ce texte, connais la raison
Quiconque, lisant ce texte, peut voir qu'elle ne s'en va pas
Quiconque, lisant ce texte, peut voir que c'est moi qui part
Quiconque, à part toi !
Quant à la forme, tu cherches dans le texte ce que tu devrais chercher à l'oreille.
Écoute le son de la mélancolie et tu découvriras une autre poésie.
C'est un peu la démarche inverse de celle de The8thstep : lui collait un texte à une musique , moi je colle une musique à un texte.
PS : Tout n'est qu'imaginaire dans un contexte chimérique, y trouver une raison c'est se fondre dans un mirage.
Unregard
Inscrit le: 14 Jan 2008 Messages: 45
Le 18 Fév 20:32
Citation
Tu as choisi, un beau jour, de me remplacer par un troubadour
Tu pris un amant, pour passer ton temps, hors des yeux des enfants
Mille excuses mais je sais lire et comprendre, je pense plutôt que ce serait toi qui ne sais pas trop où naviguer.
Je me repète :
Que dire, si elle ne te garde pas, c'est qu'elle a une raison.
Dans ma pensée, si elle te trompe, c’est qu’elle ne tient pas à toi, donc : elle ne te garde pas.
Personnellement, une femme qui trompe son concubin c’est qu ‘elle ne compte pas garder ce dernier.
C’est toi qui a un manquement dans le savoir lire, je n’ai jamais dit qu’elle s’en allait.
Quant à la musique, tu as bien fait de partir, ça lui a fait de l’air (musical)
Hamilcar01
Inscrit le: 15 Nov 2006 Messages: 1850
Le 18 Fév 21:51
Citation:
Personnellement, une femme qui trompe son concubin c’est qu ‘elle ne compte pas garder ce dernier.
Dans ce cas comment tu expliques :
Deux mille six, quelques mois, c’était hier, je me souviens
Tes beaux yeux dans les miens et ta main dans ma main
Deux mille six, quelques mois, et le passé s’est recomposé
Tous les invités, la grande allée, le jour où on s’est marié
Je te l'ai dit : Tout n'est qu'imaginaire dans un contexte chimérique, y trouver une raison c'est se fondre dans un mirage.
Tu sembles oublier que je me présente comme un baladin.
Dans ce texte je suis l'ancien, le présent et le futur. Et elle n'est pas une femme mais une vie
Partir à l'aube est une image que tu devrais connaître
Partir sans connaître la destination, aussi
M'enfin, je vais pas tout te dévoiler, sinon j'aurai pas utilisé des metaphores
Allez, un indice : suicide
Quant à l'air, si tu ne l'as reconnue, c'est que tu es plus auto que métro
Merci de ton intérêt
Unregard
Inscrit le: 14 Jan 2008 Messages: 45
Le 18 Fév 23:06
Comme à ton habitude, tu sautes à la corde
Tu navigues à la corne de brume.
En constante recherche dans la dérive.
C'est chimérique, tout comme toi.
Bravo poète.
Kanjera
Inscrit le: 13 Fév 2007 Messages: 240
Le 15 Avr 16:37
Merci l'Hami
pour ton éternelle poésie
Kanjera
Hamilcar01
Inscrit le: 15 Nov 2006 Messages: 1850
Le 17 Avr 15:33
M'est une joie de te retrouver dans ces parages
Toi dont les mots illuminaient ces lieux
D'un aura de paix et de sublimes ambages
Rendant éuphoriques les coeur malheureux
Seaoflove69
Inscrit le: 11 Mar 2008 Messages: 631
Le 08 Juil 22:18
J'espère bien heureux et comblé de bohneur! Une histoire trés triste ! désolée !
Sincérement les mots m'échappent ! J'espère que ca va mieux maintenant ! aprés avoir lu ce poéme, je vais sûrement penser à toi ! mes amitiés ! sea
Seaoflove69
Inscrit le: 11 Mar 2008 Messages: 631
Le 09 Juil 11:27
"moi je colle une musique à un texte".
Une musique triste qui provoque la chair de poule ! Je peux m'imaginer quel genre de musique ! au plaisir cher Hami ! sea
Amepoetique67
Inscrit le: 30 Juil 2006 Messages: 820
Le 09 Juil 14:16
Magnifique poème cher Hami...
Je me suis laissée embarquée par les notes de ce poème...
Au plaisir;
Amitié amepoetique67
Hamilcar01
Inscrit le: 15 Nov 2006 Messages: 1850
Le 09 Juil 15:10
@ Seaoflove69
Merci,
Citation:
Une musique triste qui provoque la chair de poule ! Je peux m'imaginer quel genre de musique !
Une chanson triste que chantent amis et parents
Musique de circonstance pour un bel enterrement
Même si la dépouille n'est qu'un simple sentiment
Pour l'oraison funèbre, ils y auront contribué largement
@ Amepoétique67
Merci,
Un temps revolu, qui n'est plus,
Mais qui laisse des marques profondes
Seaoflove69
Inscrit le: 11 Mar 2008 Messages: 631
Le 10 Juil 10:46
@ Hami:"Allez, un indice : suicide"
As-tu osé le penser??? Espèrant que non ! Une personne si sensible et pleine de finesse comme toi, pour ce monde c'est une grande perte !
Tu parrais être quelqu'un qui donne à chaque petite chose (soit un mot, un geste, un évenement) un sens, une VALEUR ! , ca te laisse pas froid !
C'est bien rare ca ! et c'est impréssionant !
mes amitiés, seaoflove69
Hamilcar01
Inscrit le: 15 Nov 2006 Messages: 1850
Le 10 Juil 15:04
Citation:
@ Hami: "Allez, un indice : suicide"
As-tu osé le penser??? Espèrant que non !
Le penser ? Oui !
Même failli le faire.
Si je n'avais une philosophie de vie qui me l'interdit, je l'aurai sûrement fait.
Mais c'est du passé.
Faut pas en vouloir à Unregard, il n'a fait que lire les lignes.
Toute l'"histoire" qui est racontée n'est pas vécue par deux individus (un homme et une femme) mais par un seul.
Il est présenté comme un ado, un adulte et "le mort" qui raconte l'"histoire"
Celle dont parle le texte n'est pas une femme mais une vie.
Ce que raconte le texte ce sont les rêves et les tracas traversés pour en arriver au geste ultime.
Mille neuf cent quatre-vingt, c’était hier, je me souviens
Tes beaux yeux dans les miens, et ta main dans ma main
Tu voyais un avenir facile, tu voulais une famille,
Un choix pas bien difficile, quelques garçons et des filles
De beaux et grands enfants qui auraient été bien dociles,
Pour, tous les jours, égayer le jardin, de leur joyeux babil
Un jeune homme qui s'éveille à la vie et qui fait des projets d'avenir
Mille neuf cent quatre-vingt-dix, c’était hier, je me souviens
Des amants de Vérone, du phénix et de sa sirène, il n’en restait plus rien
Deux boulots par jour, pour nourrir ces adorables amours
Ne laissaient guère assez de temps, de jouer aux tendres amants
Tu as choisi, un beau jour, de me remplacer par un troubadour
Tu pris un amant, pour passer ton temps, hors des yeux des enfants
Envolés les rêves face aux difficultés du quotidien.
Deux boulots = Deux façons de vivre (boulot / maison), deux façons de se présenter (supérieurs / subordonnés) etc = composer avec le milieu
Pour nourrir les enfants = pour garder ses rêves, garder l'espoir
Prendre un amant = se réfugier dans un monde à soi en décalage avec la réalité et les buts poursuivis
Deux mille, nouveau millénaire, c’était hier, je me souviens
De tes larmes candides, à la séance fétide, de la vente des biens
Après des années de renvois, de remords, tu veux ou tu ne veux pas
Le divorce est à sa fin, ton avocat et le mien, en copains, sur le sofa
Je les vois refiler, à une bande de requins, vingt ans de ma vie
Dans ton coin, tu as l’air maussade mais je sais que tu es ravie
La réalité reprend le dessus.
On fait le bilan. On écarte des souvenirs. On en garde d'autres.
Les avocats = Les malheurs et les bonheurs qu'on met en balance et qui prennent un autre éclairage.
Des malheurs passés deviennent des bons souvenirs alors que des bonheurs passés font souffrir.
Deux mille six, quelques mois, c’était hier, je me souviens
Tes beaux yeux dans les miens et ta main dans ma main
Deux mille six, quelques mois, et le passé s’est recomposé
Tous les invités, la grande allée, le jour où on s’est marié
Là devant l’autel, tu pleures, mais je ne serais dupe encore
Je t’aimais, je t’aime et t’aimerai, mais je change de décor
Le bilan est fait, on se "reconcilie" avec la vie = On se dit que de toute façon on ne peut revenir en arrière. (Correspond souvent au moment où on pense qu'un candidat au suicide a renoncé à son idée)
Deux mille huit, aujourd’hui, pendant que tu dors, le bilan d’une vie
Deux mille huit, aujourd’hui, le soleil dehors, tu es belle, endormie
Je maudis le sort et, dans un silence de mort, je t’embrasse et je sors
Ce matin, je pars, je te laisse tous les biens, je prendrais tous les torts
Mes valises dehors, sur la pointe des pieds, au moins ça, tu le vaux bien
Quai de gare, nulle part, un train au lointain, où serai-je demain ?
Le coup de blues, de déprime, fatal qui conduit au geste deséspéré.
On prepare son "départ" avec calme et résolution. On met de l'ordre dans ses affaires. Mais reste malgré tout la grande question : Qu'y a-t-il après la mort ? => Où serais-je demain ?
Voilà, ce sont les grandes lignes "cachées" dans ce texte.
Pour les "détails", chacun y voit les siens
Pour la musique, Gloria et Te Deum sur fond de roulement de train (assez spécial = surtout à capella )
Hami =Diminutif d'Hamilcar.
Le "H" en rouge indique qu'il y a souvent erreur sur la personne OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO