(Précedemment : Kyle - 1er Acte, Kyle - 2ème Acte, Kyle - 3ème Acte, Kyle - 4ème Acte)
Kyle (suite) - 5ème Acte
Kyle est le titre d'une série noire, à travers le parcours de ce personnage vous découvrirez une histoire purement imaginaire, qui vous entrainera dans les bas fonds du monde gay, ou tous les coups sont permis, et les états d'âmes bannis...
Une occassion de réfléchir ou de se manifester pour ceux qui en auront envie...
Il faisait froid, un froid glacial qui me piquait le corps avec férocité. Une férocité que j'aurais pu comparer à une hyène affamée, et qui n'aurait pas hésiter à me ronger la chair et les os, jusqu'à ce que je ne sois plus qu'un fin résidu m'évaporant dans les bourrasques du vent. J'aurais pu disparaître comme ça, disparaître à tout jamais comme on agit sur un coup de tête, quitter cette vie, mourir doucement, dans une lente agonie en guise de punition pour toutes ces choses pourries que j'ai osé faire. Visiblement le destin en avait décidé autrement. J'étais seul, perdu, ne sachant si c'était le froid ou la peur qui me faisait trembler comme une feuille. Je marchais sur un sentier, de longues heures, perdu dans un paysage enneigé dont je ne voyais ni la fin, ni l'horizon. Je marchais sans but, faiblissant peu à peu alors que les derniers rayons commençaient à fuir la terre. Malgré la pénombre qui commençait à m'entourer, je pouvais discerner une traînée de sang , de temps en temps, qui s'incrustait dans le blanc immaculé du sol. Faiblissant de pas en pas, pris de nausée à la vue du sang qui coulait du haut de mon crâne j'entendais au loin, se mêlant à la houle coléreuse du vent, une voix sourde qui s'acharnait à me demander de continuer de vivre.
Ce que je ne savais pas, c'est que plusieurs médecins s'activaient autour de moi dans une salle d'opération, alors que petit à petit je me laissais glisser vers une mort certaine.
On m'avait retrouvé dans ce sauna, au fin fond d'un dédale, dans une pièce qui ressemblait fortement à une salle de torture, inerte, sans vie, allongé sur une table, complètement nu, les poignées liées baignant dans mon sang. Le jeune garçon qui m'avait retrouvé, n'avait cessé de crier jusqu'à ce que la totalité des hommes du sauna soient regroupés autour de moi. L'ambiance de sexe et de débauche du sauna avait soudain pris une allure de film d'horreur pour adolescents. Les secours arrivèrent vite, et alors que l'on me poussait sur un brancard hors de ce trou à rats, les nombreuses folles qui me regardaient passer m'avait déjà jugé mort. Alors que les portes de l'ambulance se refermaient à peine, la conversation avait déjà déviée sur un autre sujet. Mes copines de baise s'inquiétaient maintenant quant à leur sécurité. Un tueur, un assassin, un fou, un homophobe, tel un prédateur tapit dans l'ombre, prêt à sauter sur sa prochaine proie était sans doute en train de roder autour d'elles. Il frapperait à nouveau, c'est certain.
Quelques instant plus tard, l'odeur de sexe repris de plus belle dans les cabines plongées dans le noir, mes sœurs amnésiques se faisant reprendre de plus belle dans des vagues de sperme amères. C'est comme ça que ça fonctionnait chez nous, la peur était très vite chassée par l'envie de se laisser brûler sur l'hôtel du diable. Pauvres damnés que nous sommes. Nos envies sont plus fortes que tout, elles dictent nos gestes, nos actes, elle nous emmène souvent au-delà de nos limites. Mais une fois l'excitation tombée, il n'y a plus rien, plus que le silence qui nous entoure. Une solitude que nous qualifions de liberté.... Foutaise. Nous ne savons rien construire, ou le démolissons aussitôt. Nous sommes les enfants du diable crieraient les catholiques s'ils nous voyaient nous enculer à la chaîne sans grâce ni plaisir.
En parlant de diable. Celui-ci ne cessa de se manifester chaque jour un peu plus au fond de mon crâne tuméfié. Tandis que l'enquête policière n'aboutissais à rien de concluant, je restais quelques jours, quelques semaines, je ne sais plus, dans un profond coma. Un coma profond et baigné de cauchemars.
Tel était le sort de ceux qui avaient décidé de jouer avec le diable.
Il y avait toujours ce paysage sortit de nulle part avec ce sentier enneigé, ces rires malsains qui dans un échos venaient m'éclater aux tympans tels des coups de feu. Et puis, Il surgissait, de nulle part. Mon agresseur, mi homme mi diable, s'accrochant jusqu'au dernier centimètre de ses ongles , il transperçait la chair de mon dos jusqu'à venir écorcher les os de ma colonne vertébrale pour commettre son acte irréparable. Dans un râle bestial, son souffle aigre venant brûler ma nuque, il s'immisçait violemment en moi. Son sexe n'était autre qu'une lame aiguisée qui déchirait mes entrailles, il me violait, encore et encore. Je me retrouvais nu, me tordant dans la neige rouge sang, serrant du mieux que je pouvais le trou béant de ma gorge avant de m'écrouler comme une carcasse d'animal mort dans la neige.
De longues nuits de tortures vinrent les unes après les autres, elles s'amplifiaient et ne semblait pas vouloir me quitter, la violence de mes cauchemars ne cessait de prendre ses aises.
C'est bientôt des hordes d'animaux hybrides qui s'approchaient de moi, la neige glaciale s'était transformée en lac de sang, grouillant, nauséabond . Je n'avais pas le choix que d'y baigner ne pouvant plus me relever, les jambes rongées jusqu'aux os par des bestioles plus laides les unes que les autres...
Alors qu'Il revenait, sa lame tranchante dressée et pointé vers moi, prêt à commettre encore son rituel bien rodé, mon corps se raidit comme un rocher, la haine se glissa jusqu'au plus profond de mes veines gonflées, prêtes à éclater...
J'avais envie de tuer, de hurler, de retrouver toutes les personnes qui m'avaient fait du mal ,et une a une de régler mes comptes avec elles, la colère m'enveloppa doucement...
Mes yeux s'ouvrirent brutalement. L'air qui entra dans ma bouche me brûla les poumons.
Mes doigts serrèrent fortement les draps qui se plièrent dans les paumes de mes mains.
J'avais quitté l'enfer.
La chambre était vide, éclairé faiblement par un lampadaire au bas de la rue de l'hôpital.
Le bruit de quelques machines émettaient par moment un son strident...
Combien de temps s'était-il écoulé depuis ?
Je tournais la tête et croisait le reflet de mon visage dans la vitre de la chambre.
Je n'avais pas quitté l'enfer.
J'étais défiguré.
...Fin