Getup
Inscrit le: 26 Juil 2007 Messages: 215 |
Le 21 Juin 1:23
L'Evangile de babylone
Retourne d'où tu viens, regagnes le néant.
Rejoins cette fosse et va au gouffre béant
C'est là-bas qu'est ta place, aux côtés de la nuit
Nous te renvoyons à l'abîme, tu nous ennuies.
Pourquoi est-ce que tu veux sortir de la fange
Dans laquelle tu te vautres et ce voeu étrange
D'appartenir à notre cercle, cette sombre folie
D'où vient-elle ? Nous croyions ta foi abolie.
Nous ne voulons pas entendre tes hennissements
Qui s'élèvent en nous comme un frémissement
Ce que tu es, nous ne voulons pas le savoir
Ton sort nous indiffère, on ne veut le voir.
Pour mieux t'emmurer, nous fermons la porte
En te laissant au désert, cette patrie morte
Tu dois souffrir pour nous permettre de survivre
Ce que tu endures était déjà écrit dans nos livres.
Pour le bien des nôtres, les tiens ces vermisseaux
Devront avoir faim et nous vidons les ruisseaux
Pour qu'ils meurent de soif, pour qu'ils tendent la main
Vers nous la seule destinée, le seul chemin.
Pour vivre en paix, nous provoquons le chaos
Dans ton monde comme si quelqu'un là-haut
Te lançait des pierres en désirant ta mort
Nous le faisons sans éprouver de remords.
Quand la famine, la guerre et tous ces désastres
T'accablent, saches que nous remercions les astres
Puisque le gouffre s'élargit et t'éloigne de nous
Au ciel nous faisons des libations, à genoux.
Nous jubilons quand le SIDA devient ta plaie
Pour pouvoir dire « Non ! », quand tu cries « S'il te plaît ».
Nous dansons quand nous vous voyons vous entre- tuer
Nous donnons les armes à vos chefs, ces prostituées.
Nous venons déverser nos déchets dans vos terres
Tout en capturant l'éléphant et la panthère ;
Après les safaris, nous arrachons vos femmes
Pour des pièces car la misère les affame.
Et nous montrons au monde entier ce qu'est l'enfer
Afin que les gens aient peur pour nous laisser faire
Ce qu'on veut puisqu'ils croient tes enfants maudits
Quand ils regardent leur misère et leurs taudis.
Lorsque ton cri nous parvient, c'est comme un chant
Aussi touchant que l'ombre du soleil couchant.
Oui ! Nous te haïssons, meurs sous ton tas de briques
Restes dans tes forêts, péris dans tes champs.
Etant le berceau, tu seras aussi le tombeau, Afrique !
Abad Boumsong - le livre du néant |