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Sur le quai mouillé de mon coeur



Contes et narration > Sur le quai mouillé de mon coeur

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Neh3


Inscrit le: 31 Juil 2008
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Le 26 Avr 19:41

À travers ce ciel obscure, mystérieux et éblouissant, tout criblé d’astres pâles scintillants, clignotants de cette nuit fraîche, doucement perchée comme un oiseau sauvage et géant, avec ses grandes ailes illimitées sur le toit de la ville. Ses griffes collées discrètement à l’écorce de mon coeur. Et ces sirènes amères des bateaux ; comme les goélands, ces cris volants, gris et blancs, qui feignaient de révéler, dénoncer leurs regrets secrets. Qui sait ?

Partir…départs et retours, un va-et-vient de la vie comme le flux et le reflux de la mer; tristesse et joie, une réciprocité interminable. Une dualité persistante qui règne par aventure sur cette planète bleue. Ou un duel, ou un duo ; voilà la vie en deux mots.

Distrait, je repensais à elle, ma douce chérie ; son regard bleu et langoureux, ses sourires fascinants, innocents et enfantins, ne cessaient pas de s’animer de jour à nuit devant mes yeux. Alors, un doux frisson indicible me prenait en douceur, parcourait à fleur de peau. Tout ceci me faisait rappeler, et ressentir son absence camphrée m’obsédant et pénétrant jusqu’aux os, sans cesse dans un regret doux-amer, caressant et rongeant à la fois mes coups de coeur, tout au tréfonds de moi. Rêver d’elle, dissipait mes ennuies, sous comme une bruine, une pluie fine hésitante à se laisser tomber sur mon coeur.

Sur ces quais nus, accompagnés toujours de longs soupirs profonds, à la cadence chaleureuse et inconsciente, des eaux bercées dans son immense berceau infini. Les flots de la mer mauve ; qui, s’élevant, se gonflant, et se cognant leurs têtes contre les rochers, finissaient d’éclater en sanglots venants de sa propre profondeur de l’eau, comme s’ils avaient épousé la colère de fauve d’un tempête marin.

Ces flots comme sanglots étourdissants, étouffés sur les rochers dociles, taciturnes et ruisselants de mousse, comme des sculptures éloquentes d’art brut, et des fantômes pétrifiés fouettées par leurs claques féroces. Mais, dès qu’ils se sont calmés ; ceux-ci disparaissaient, se transformaient en ces petits clapotis cristalins, comme ceux du mon coeur, et semblaient détenir avec la sagesse un secret commun et complice, en apparence, de cette mer discrète.

Je quittai le quai. Avec mes soucis las et mon chagrin noyé dans sa propre noirceur, en ayant traîné avec moi mes espoirs inépuisables, et aussi mon ombre surnoise, perfide, ce qui ne cessait pas d’avoir rôdé sans répit autour de moi, comme une noctuelle à la lueur de mon corps enflammé d’un feu d’amour. Au dernier moment, je voulus jeter par mon ilôt flottant et naviguant sur les eaux territoriales de la vie et de l’amour, ce corps que je suis, une bouteille avec une lettre de rien dedans à personne, à la mer assombrie, inconnue comme moi, coincée entre l’être et le néant.

Et pendant ce temps, avec douceur, je me laissai prêter l’oreille à une chanson nostalgique d’amour d’antan, faisant écho au loin, et à l’orée de ma mémoire en éveil : “I always will love you”. Une voix de femme, cristalline et veloutée. Et une mince amertume dans mes entrailles.

Quelle absurdité logique, cette vie douce-amère, étrange et magique ! Nul vit que je souris d’une ironie fine et un peu âcre au fond du coeur.

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