Hamilcar01
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Le 16 Oct 12:58
La quête
Mon nom est Waak-han-mnju plus connu, dans votre langue, comme « Qui-suit-le-maître ».
Ceci est le récit, vrai, de ce qui bouleversa ma vie.
Tout commença lorsque, jouant dans une mare dans mon pays natal, le Marais Noir, je fus capturé par une bande d’esclavagistes rougegardes. Ligoté et entravé je fus emmené au Marché aux Esclaves de Sadrith Mora où je fus vendu comme un objet pour quelques pièces. Le marchand me jeta sans ménagement au fond d’une cage d’où je ne sortis que pour entrer au service du seigneur-mage Naga qui me remit, quelques semaines plus tard, comme récompense pour services rendus, à Laalam Madalas, un obscur mage local.
Je portais en permanence un lourd bracelet qui annihilait ma volonté et m’obligeait à obéir. Ce qui ne m’empêchait pas pour autant d’avoir mes pensées propres. C’est comme être prisonnier à l’intérieur de son propre corps. Se voir agir, de l'intérieur, sans pouvoir réagir. Cela était frustrant au possible mais il n’y avait aucune échappatoire au pouvoir du bracelet.
Madalas prit très mal que le seigneur-mage ne l’ait récompensé en monnaie sonnante et trébuchante pour son travail. J’en subissais son courroux en retour et c’était chose courante que d’être battu pour une broutille souvent même par simple saute d'humeur.
À ce régime, mon corps se couvrit bien vite d’eschares, meurtrissures et cicatrices diverses.
Or donc je m'efforçais de remplir un semblant de fonction, auprès de mon tortionnaire, lorsqu’un jour un aldmer du nom de Permeninde entra dans la boutique du mage. Après avoir acheté quelques ingrédients pour préparer des potions et quelques instruments spécifiques, en réponse à une énième mortification de la part de mon maître, il s’offrit de me racheter. Bien que l'occasion de se débarrasser de moi contre de l'or fut belle, le marchandage dura longtemps mais l'aldmer finit par avoir gain de cause pour la somme de deux mille septims. Je suivis donc mon nouveau maître... Dont le premier souci fut de me soigner. À la différence de tous ceux que j'avais croisé depuis ma capture, ce maître à l'allure fière et majestueuse me traitait avec gentillesse. Ce qui, connaissant le grand mépris des elfes nobiliaires pour toutes les autres races, de prime abord, m’étonna grandement.
Nous quittâmes Sadrith Mora quelques jours plus tard, une fois que mon maître ait lu tous les ouvrages et compulsé tous les parchemins que la ville put contenir, tant en bibliothèque publique qu'en collection privée. Au besoin, il se servait de ses connaissances magiques pour parvenir à ses fins m'utilisant, pour l'occasion, comme guetteur. Manifestement il cherchait quelque chose qui lui tenait fortement à coeur, mais j’étais incapable de dire ce que cela puisse être. Poursuivant un but obscur, il m'obligea à suivre un entraînement rigoureux dont la finalité et l'utilité m'échappaient totalement. Au fur et à mesure que les interminables séances se succédaient, un changement s’opérait. Bien qu’indistinct, au début, je le perçus bientôt clairement.
Petit à petit mon esprit occupait l’ensemble de cette gangue qu’était devenu mon corps. Bien que toujours prisonnier de ces barreaux invisibles que provoquait le bracelet, je pouvais, désormais, dans une certaine mesure, agir par moi-même.
L’entraînement de base fini, mon maître entreprit d’écumer tout ce que la région put compter comme bars, maisons, commerces, grottes, châteaux et même ruines et tombeaux en quête de tout ce qu'il était possible de lire.. Je finis, bribes par bribes, par connaître le motif de ces recherches : Savoir ce qu’il était arrivé à une race légendaire, aujourd'hui disparue, les Dwemers.
Chaque indice était répertorié et chaque piste était scrupuleusement suivie. Ainsi il ne fut pas rare de nous retrouver farfouillant dans les débris au cœur d’une ancienne ruine ou pataugeant dans la boue au fond d’une grotte inquiétante. Je pus ainsi me rendre compte de la puissance de mon maître, que ce soit face aux veilleurs mécaniques des cités naines ou aux gardiens ancestraux des temples occultes. Ce qui était remarquable, à mes yeux, c’était la sollicitude de mon maître à mon égard. Il prenait toujours soin de ne pas me faire courir de risques inutiles et, lorsque cela arrivait, de soigner mes blessures, parfois même avant les siennes. Tout ce que je pus comprendre de cette attitude étrange c’est que mon maître se livrait, sur moi, à une expérience. Au prix exorbitant que lui avait coûté mon achat, cela devait être extrêmement important……………… Pour lui et sans doute très dangereux pour moi, vu l’entraînement qu'il m'avait fait subir.
Après de nombreuses fouilles, sans aucune raison apparente, mon maître se fixa à demeure dans une caverne située quelque part dans les terres cendres. Là, loin des regards indiscrets, au gré des rencontres inopportunes, il commença à se livrer à des expériences secrètes et pour le moins inquiétantes. La preuve en était que son laboratoire était jonché de morceaux de cadavres en provenance de corps appartenant à toutes les races. Je me mis à redouter les regards qu’il me lançait.
Ce jour-là se leva comme les centaines d’autres auparavant, mis à part un détail : Je me sentais bizarre. Une impression d’absence, tout en étant présent….un vide. J’étais désorienté, incapable de comprendre cette sensation étrange. Mon maître était là et m’observait religieusement comme s’il cherchait à voir au fond de moi quelque chose :
« Comment te sens-tu ? »
« Je ne saurais dire, Maître, j’ai l’impression d’avoir oublié quelque chose. Et cependant cette chose est en moi. C’est troublant, déroutant ! »
Permeninde continuait à m’observer, cela en devenait dérangeant. Une appréhension s’insinuait dans mon esprit pendant que j’essayais d’analyser le trouble qui me tourmentait :
« Auriez-vous pratiqué votre art sur moi, Maître ? » Demandai-je timidement et légèrement anxieux. Je redoutais la réponse. Je connaissais les pouvoirs de mon maître pour l’avoir vu à l’œuvre, maintes et maintes fois, lors de l’exploration des tombeaux ou des ruines dwemers.
« En quelque sorte, oui ! » Me répondit-il avec un grand sourire.
La panique s’empara de moi et j’inspectai, fiévreusement mon corps. Je ne découvris, à première vue, rien d’anormal, ce qui, au lieu de me calmer, ne fit qu’augmenter mon angoisse.
« Pitié Maître, suppliai-je, qu’avez-vous fait à ce pauvre Qui-suit-le-maître ? »
« Ceci ! » Me dit-il, en posant dans mes mains, un petit coffret de bois.
Je regardais l’étui avec un mélange d’effroi et de tentation. Je n’osais l’ouvrir et brûlais d’envie de le faire. Quelle partie de mon corps allai-je découvrir à l’intérieur de cette boîte ? De quelle étrange magie avais-je fait l’objet pendant mon sommeil ? Avais-je vraiment envie de le savoir ? Comme pour couper court à mes hésitations, le maître ordonna doucement :
« Allez, vas-y ! Ouvre ! »
J’ouvris le coffret lentement, en tremblant à l’idée de l’horreur que j’allais avoir sous les yeux bientôt. Une faible lumière filtra lorsque j’entrepris de lever le couvercle. A l’intérieur du coffret je découvris la chose. La plus magnifique chose qui soit : La liberté.
La boîte contenait le bracelet d’annihilation de volonté que Permeninde m’avait ôté, faisant de moi un être libre. Libre ! Quelle agréable sensation ! J’en restais muet, les larmes aux yeux, le cœur débordant de gratitude et la tête vide. Libre ! Je n’osais y croire.
« Comment te sens-tu » Me demanda le maître.
Devais-je l’appeler encore maître ? Je ne savais plus ! Mille idées et projets se bousculaient dans ma tête, j’en avais le vertige. Je finis par articuler :
« Pourquoi ?... »
« Pour que tu puisses choisir ta destinée. Mes recherches vont m’entraîner vers des contrées dangereuses pendant une grande période. J’ai donc décidé de te rendre la liberté afin de ne garder aucune attache pour mener ma mission à bien »
Nous avions parcouru tant de contrées, affronté tant de dangers, plus comme compagnons que comme maître et esclave que j’hasardai :
« Pourrais-je vous suivre en tant qu’ami ? »
« Tu es libre de faire ce que bon te semble, mon ami. Pour ma part, j’en serais heureux …...»
« …...Ma quête m’aura au moins fait découvrir l'amitié »
Depuis ce jour nous poursuivons sa quête, et je suis heureux de le suivre.
Mon nom est Waak-han-nmju et, depuis ce jour, vous me connaissez, dans votre langue, comme « Qui-suit-son-ami »
FIN
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© Hami/Vae 2004 |