Musikpj
Inscrit le: 07 Fév 2010 Messages: 19 |
Le 08 Fév 11:49
Parloir
Parloir, si tu pouvais parler....
Quelle horreur tu raconterais
Combien d'amour, combien de pleurs,
Tu as connu pour notre malheur.
Je vais te raconter l'histoire
De ma pièce, de moi ce parloir.
Dans un centre de détention
En peu de temps j'ai pour fonction
De recevoir famille et proches
Même si c'est bien, c'est pourtant moche
pour une demi-heure, seulement.
Je mets en contact, femmes, enfants.
Sous le regard des surveillants
Car ici rien n'est bienveillant
Ils peuvent parler d'intimité
De leurs problèmes, de leur procès
L'amour ici est interdit,
En fait rien n'y est permis.
Pas de contact, pas de toucher,
Juste le plaisir de regarder.
Même le visiteur doit passer,
Nombre de contrôle pour arriver,
Au moins une demi heure avant
Puis patienter en attendant
De passer sous les détecteurs
Et des regards inquisiteurs
Vider poche, et se dépouiller
De ceinture, pompes, de sa monnaie.
Encore une demi-heure d'attente
Pour qu'avant et enfin ne rentre.
Puis encore attendre enfermé
Chez moi pour le rencontrer.
En qualité de prisonnier,
Des contrôles tu as a passer.
Une palpation à ton entrée,
car tu viens juste d'être informé
Qu'une visite vient d'arriver.
Tu sais pas qui vient visiter.
Puis, tu patientes dans le couloir
Sans savoir qui peut v'nir te voir.
A la sortie, tu dois savoir
Que tout nu, devras te montrer.
Que regardant partout, quel vice !
Examineront les orifices.
Humiliation supplémentaire
Tu n'as que l'droit de te taire.
Ta famille, c'est seulement après
qu'ils pourront enfin nous quitter.
Humilier famille, prisonniers
C'est ainsi et personne le sait.
Les sentiments des visiteurs
partagé entr'joie et terreur.
Joie de rencontrer l'être aimé
Et terreur d'l'abandonner.
Les visiteurs sont prisonniers,
Mais eux, c'est d'leur liberté.
Car ils ont du mal à gérer
Les sentiments des prisonniers.
C'est aussi dur à l'extérieur
d'essayer de croire au bonheur.
De faire semblant que tout va bien,
ce mensonge, car c'est pour son bien
se persuader et faire passer
Et espérer, toujours espérer.
Voilà j'espère, quant à moi
Que jamais vous connaitrez ça !
Moi le parloir, je suis sinistre,
Je suis toujours un endroit triste. |