Alain691
Inscrit le: 16 Jan 2010 Messages: 221 |
Le 08 Sep 21:36
Quand vieillesse se fait
Je vivais de chagrins et de joies en mélange
Quand timide et gracile aux années d’innocence
Il ne m’était offert que les journées étranges
De ces jeudis pluvieux aux faux airs de vacances
J’y glissais désœuvré sous le poids de mes peines
Errance solitaire de l’enfant qui n’est rien
Tant de choses alors étant pour moi si vaines
Que pouvais-je y trouver en raison d’un destin
Défis imaginaires que l’on croit oubliés
Solitude accomplie en longs moments perdus
Ou floraison latente de désirs magnifiés
Je l’ignorais encore, en mon être reclus
Je n’étais en ces temps qu’éphémère conscience
Qui se laissait porter au gré de ses jouissances
Il suffisait d’un rien, d’une jupe volante
D’une copine rieuse, d’un jeu sous la soupente
C’est là ce qu’on voudrait des souvenirs d’enfance
Simples et si légers, les ressentir intenses
Pour effacer peut-être du cœur et des pensées
Ces jours mornes et gris qu’on regardait passer
Combien d’années faut-il pour que l’on se souvienne
Des rêves endormis sous les heures d’ennui
Et qu’aux douleurs, enfin, des âges qui nous viennent
L’on découvre qu’alors c’était déjà la vie
Quand vieillesse se fait, les ans nous sont d'avant
Il n’est que d’y chercher, reflet en un miroir
Le goût de ces instants d’inutile mémoire
Mais d’une éternité conjurant le néant.
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